La vie des noms de famille n’est pas un long fleuve tranquille…

Le Gué de La Rivière… cela pourrait être un titre bucolique, cela a aussi été un nom de famille.
Un nom de famille qui a bien évolué en 6 générations.

Ce nom apparaît à Château-Gontier, dans la Mayenne, dans les années 1730. Le premier connu est Charles Legué de La Rivière, né vers 1682, à un endroit qui reste à trouver. Il décède à Château-Gontier en 1764. Il a 2 fils, Isaac et Charles. Tous trois exerceront le même métier : entrepreneur de bâtiments, architecte.

Et que croyez-vous que l’on construise quand on s’appelle Legué de La Rivière ? Un pont !

L’abbé Angot, dans son « Dictionnaire de la Mayenne », indique que le pont de Craon fut construit en 1749 par Charles Legué de La Rivière, le père. Et que Charles, le fils, signa le procès verbal de l’état du pont de la ville de Château-Gontier en 1790. L’abbé Angot attribue aussi au fils le château de la Juquaise, à Saint-Laurent des Mortiers, en 1770 et le clocher de Daon au Concordat.

Si les deux premières générations sont quasi systématiquement nommées « Legué de La Rivière » dans les actes qui les concernent, pour autant ils signent « Legué »

Voir la signature de Charles Legué (1682-1764)

Charles Legué

Archives de la Mayenne

 

A partir de la troisième génération ils utilisent comme nom « Legué Larivière ».  On les trouve : percepteur, marchand mercier, pharmacien, marchand poëlier, teinturier… Et ils signent « Legué Larivière » comme Charles Jean Gaspard (troisième génération) né en 1766 :

Charles Legué Larivière

Archives de la Mayenne

A la quatrième génération on trouve Charles Auguste Legué Larivière, pharmacien à Sablé dans la Sarthe. Il est marié avec Jenny Thorel, qui a eu sa renommée en tant que peintre. A-t-elle réalisé des toiles bucoliques où l’on voit couler une rivière sous un pont ???

Ils ont un fils, cinquième génération, nommé lui aussi Charles Auguste. Il se marie en 1850 à La Flèche sous le nom de « Legué Larivière » mais signe « Larivière » (en haut) alors que son père utilise toujours « Legué Larivière » (au bas de l’image)

Charles Larivière 1850

Archives de la Sarthe

 

Et donc ce Charles Auguste Larivière, qui est gérant des ardoisières d’Angers, déclare ses enfants sous le seul nom de « Larivière ». L’aîné, encore un Charles, sera médecin à Angers, le cadet Gustave continuera la gestion des ardoisières. Tous les deux se marient à Paris sous le nom définitivement adopté de « Larivière ».

Croyez-vous que cela s’arrête là ? Eh bien non, le nom connaîtra encore un nouvel avatar. Mais cela se passe à la période contemporaine et ne concerne que les intéressés !

Vous pouvez retrouvez leur généalogie sur Geneanet.

En revanche, 3 Legué Larivière restent sur la rive. Je n’ai pas réussi à les relier avec les autres. Tous trois impliqués dans les événements de la Commune de Paris. Dont Charles Henri Legué Larivière condamné à la déportation simple en Nouvelle Calédonie en 1872 et qui y arriva en décembre 1873.

Kenavo !

Et retrouvez d’autres généalogies en Mayenne.