Naissances multiples, questions multiples

Peut-on avoir 6 enfants en 3 ans ?
Oui avec des naissances multiples.
C’est le cas de Julienne SIMON qui s’est mariée le 26 novembre 1671 à Maroué (aujourd’hui intégré à Lamballe, dans les Côtes d’Armor) avec Alain DOURXIGNÉ.
Elle a successivement 3 paires de jumeaux nés à Landéhen (à côté de Maroué) : Jean-Baptiste et Mathurin nés le 18 septembre 1672 ; Jeanne et Marie nées le 17 juillet 1674 ; Renée et Anne nées le 21 août 1675.

Sachant que la probabilité d’avoir des jumeaux est de 1/80, celle d’avoir 3 fois de suite des jumeaux serait de 1/80 x 1/80 x 1/80 = 1/512000 !

Ils auront encore 4 autres enfants nés en 1677, 1680, 1681 et 1683.
De ces 10 enfants on n’en connaît qu’une seule, Anne DOURXIGNÉ, née en 1675, qui se soit mariée et a eu une descendance.
Vous pouvez retrouver leur généalogie sur Généanet.

Cette famille DOURXIGNÉ tire certainement son nom du lieu-dit « Ourxigné », aujourd’hui « Oursigné », situé sur la commune de Meslin (toujours dans les Côtes d’Armor, non loin à l’ouest de Lamballe).

Oursigné Géportail

Carte IGN via Géoportail

Le manoir d’Ourxigné a appartenu du 16ème au 18ème siècle à un famille BOSCHIER. Et on retrouve plusieurs membres de cette famille BOSCHIER parrains et marraine des enfants DOURXIGNÉ du début du 17ème siècle.

En voici 2 dessins réalisés par Henri FROTIER de LA MESSELIERE pour son livre « Au cœur du Penthièvre » :

Ourxigné vue 1 Ourxigné vue 2

 

Si l’on fait une recherche sur OURXIGNÉ / DOURXIGNÉ on ne trouve que trois occurrences :

– La famille DOURXIGNÉ qui « tombe en quenouille » au 18ème siècle, et donc le nom a disparu

– La famille BOSCHIER dont certains membres utilisent comme nom « BOSHIER d’OURXIGNÉ », et qui tombe également en quenouille au 18ème siècle.

– Et la famille GAZON DOURXIGNÉ dont je ne connais que 2 ou 3 représentants : Mathurin GAZON / GAZON DOURXIGNÉ, conseiller du Roi, receveur des fouages extraordinaires de l’évêché de Cornouailles à Quimper en 1721, 1727, cité dans dans la « Bio-bibliographie Bretonne » de Kerviler ; et son fils Sébastien-Mathurin GAZON DOURXIGNÉ, né en 1722 à Quimper, décédé en 1784, qui a publié un certain nombre de livres en vers et en prose (cherchez et vous trouverez un commentaire de DIDEROT à son sujet…) ; un troisième possible (si ce n’est le même que Mathurin déjà cité) le négociant quimpérois GAZON d’OURXIGNÉ qui est un des actionnaires de la Compagnies des Mines de Basse Bretagne à partir de 1732.

Par ailleurs il n’y a qu’un seul lieu-dit « Ourxigné/Oursigné » recensé par l’IGN, celui de Meslin. On cherche le lien avec les GAZON, installés à Quimper mais originaires de Rennes. Meslin n’est pas vraiment sur la route de Rennes à Quimper… « Leur » Ourxigné est-il celui de Meslin, et alors à quel titre l’utilisent-ils (le dernier BOSCHIER seigneur d’Ourxigné, conseiller au Parlement de Bretagne, décède en 1740). Ou y a-t-il un autre lieu-dit « Ourxigné » qui reste à identifier ?

C’est toute la joie des recherches : une question plus ou moins résolue amène d’autres questions qui…

 

 

Pourquoi Maupassant est-il devenu écrivain ?

Eh bien non, je ne vais pas répondre à cette question de façon pertinente.

Les raisons peuvent être multiples, amour de la littérature, envie raconter des histoires entendues, vues, vécues…

Concernant Guy de Maupassant, je me suis posé la question en cherchant les descendants d’une famille du Pays de Caux, la famille Michel Delacroix / Michel de La Croix.

Une descendante de cette famille, Laure Le Poittevin se marie à Rouen en 1846 avec Gustave de Maupassant, ils seront les parents de Guy de Maupassant.

Et qui voit-on comme signataires à ce mariage de 1846

Archives de La Seine Maritime Cote 3E00999

Certes c’est pas terrible comme signatures (c’est tout un pan des registres de la ville de Rouen qui ont été copiés à la machine à écrire, peut-être après la seconde guerre mondiale qui a fait bien des destructions à Rouen)

Mais on voit bien apparaître un Flaubert . Il s’agit d’Achille Flaubert, médecin, frère de Gustave.

L’affaire est connue, les liens d’amitié entre les familles Maupassant et Flaubert sont bien établis, rien de nouveau sous le soleil des spécialistes de la littérature normando-dixneuvième.

Tout ce que l’on pourra dire c’est que Guy de Maupassant, dès son plus jeune âge, connaissait l’existence et la renommée  de Gustave Flaubert, savait que l’on pouvait se consacrer à la littérature. Ce qu’il fit très bien…